
L’éducation du chiot : intégrer correctement le chiot dans la famille
Lorsque vous adoptez votre chiot, il a déjà 8 semaines de vie et d’expérience qui lui ont forgé un certain « caractère ». Pour ces raisons, les étapes...

Les troubles de l’adulte sont dominés par les troubles de l’attachement et les troubles de la hiérarchie. Ils résultent souvent d’une méconnaissance de la communication entre les maîtres et leur chien et d’erreurs au cours de l’éducation.
En votre absence, votre chien fait plein de bêtises : il mange les canapés et les pieds de table, il aboie beaucoup et les voisins s’en plaignent, il fait ses besoins partout dans la maison. Votre chien souffre d’une maladie comportementale appelée « l’anxiété de séparation ».
Dans la nature, le chiot qui grandit et devient pubère se détache brutalement de sa mère et adopte un comportement d’adulte. À la maison, une trop forte liaison affective entre le chien et son propriétaire entretient cet attachement et empêche le chiot de devenir adulte ; cette situation est particulièrement anxieuse, la séparation avec le maître étant à chaque fois un déchirement, comme s’il perdait sa mère et est à l’origine des manifestations gênantes.
Cet attachement est renforcé par l’instauration, inconsciente, de rituels : quand le maître s’en va, il dit au chien de bien rester sage et que « papa/maman va revenir », il le caresse avec une mine toute triste, il lui laisse de la musique… À son retour, le chien lui fait une fête phénoménale et le maître accorde 1000 caresses, renforçant et félicitant inconsciemment le fait que le chien a eu peur et a été malheureux tout le temps de son absence. Ces rituels entretiennent le cercle vicieux de l’attachement.
Les comportements gênants n’ont lieu qu’en l’absence du maître, le chien étant par ailleurs un compagnon sensationnel. Ils sont le reflet d’une anxiété majeure en l’absence de la personne d’attachement qu’il considère comme sa mère : urines et selles émises en n’importe quel endroit de la maison, recherche buccale du maître et destructions (d’objets appartenant ou ayant été en contact avec le maître), vocalises de détresse (pleurs, gémissements).
Ce lien d’attachement est créé avec une seule personne du groupe familial ; le chien présente toujours des comportements infantiles et n’a toujours pas eu ses chaleurs pour les femelles.
Ces mêmes symptômes se retrouvent dans une autre maladie comportementale qui s’appelle l’hyper attachement secondaire et qui arrive chez l’adulte, suite à un traumatisme ponctuel ou une forte modification de l’environnement familial du chien (passage en refuge, perte du maître…).
Le pronostic est généralement très bon une fois que la cause de la maladie a été identifiée et comprise par les propriétaires.
La thérapie de détachement, dont les éléments seront choisis par le vétérinaire en fonction de votre chien et du contexte familial, permet de créer, enfin, le détachement naturel du chiot vis-à-vis de sa mère pour créer un attachement global à l’ensemble des membres de la famille. Les symptômes seront réduits par l’utilisation de médicaments ciblés.
Dès l’arrivée du chiot, les maîtres doivent instaurer des zones dans la maison réservées où le chiot est interdit de séjour, ce qui lui permet d’apprendre à gérer la séparation au quotidien. Le chiot est laissé seul régulièrement, sur de petites périodes au départ, sans que les maîtres n’instaurent ces rituels de départ et de retour qui entretiennent le stress.
Depuis la puberté, votre chien a un comportement destructeur, a tendance à aboyer, pratique des chevauchements et commence à se montrer agressif lorsqu’on fait quelque chose qui lui déplaît : si on retire sa gamelle, si on veut le déplacer, si on veut le brosser,…
Votre chien est en train de développer une sociopathie c’est-à-dire un trouble du comportement dans lequel l’organisation du groupe social est altérée avec une perte des repères hiérarchiques.
Le chien est un animal social dont la vie en groupe est structurée par la hiérarchie. L’insertion hiérarchique se réalise à la puberté. Une situation ambiguë du chien au sein du groupe et l’attribution de certaines prérogatives (=avantages) de dominant, souvent par méconnaissance des règles de vie canine, poussent le chien à en vouloir davantage et à manifester des comportements gênants.
Les prérogatives de dominant concernent trois domaines :
> Un chien dominant est heureux mais ce statut est incompatible (voire dangereux) avec la vie en famille. Un chien qui voudrait être dominant est un chien malheureux car toujours en conflit avec la famille. Un chien dominé est un chien heureux car son statut hiérarchique est identifié et stable.
> Le statut dominant/dominé n’est pas « universel » : votre chien peut être dominant dans un groupe (de chiens) et dominé à la maison.
Le chien qui souffre d’une sociopathie détruit, le plus souvent les issues et aboie (surtout au moment du départ) en l’absence de ses maîtres. Il fait généralement ses besoins en hauteur et en évidence et manifeste des comportements de « surveillance » (le chien vous suit partout). Les femelles font des grossesses nerveuses à répétition. Le chien, mâle ou femelle, pratique des chevauchements devant ses maîtres. Des agressions apparaissent, autour de la gamelle, pour recevoir des friandises à table, pour contrôler l’espace ou les contacts (grognements pour interrompre les caresses). Dans certains cas, le chien grogne lorsque le couple de propriétaires se rapproche.
Avec le temps, le chien devient de plus en plus agressif.
Le pronostic de la sociopathie dépend du stade de l’évolution de la maladie, de la présence d’agression, de la taille du chien (chihuahua ou Saint Bernard, l’application de la thérapie ne sera pas la même) et de la composition (présence d’enfants) et des capacités réactives de la famille. Il est le plus souvent favorable si la thérapie est correctement appliquée.
À l’issue de la consultation comportementale, au vu des symptômes de votre chien, de ses caractéristiques, des caractéristiques de la famille, il vous sera proposé de mettre en place un traitement médical associé à une thérapie comportementale.
Cette thérapie comportementale repose sur la régression sociale dirigée qui permet au chien de retrouver une place de dominé, stable, au sein de la famille.
La fiche véto sur l’Éducation du chiot énonce les bonnes pratiques à mettre en place dès l’arrivée du chiot à la maison pour éviter l’apparition de ces troubles du comportement.
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Le traitement s’envisage sur une période longue pouvant aller jusqu’à un an (voire plus), il comprend des mesures de thérapie comportementale et l’administration de médicaments pour diminuer l’intensité des réponses émotionnelles et faciliter la mise en place de la thérapie comportementale.
Le plan de traitement, les médicaments et la thérapie, sont adaptés à chaque chien, en fonction de ses symptômes précis et des possibilités de la famille : il est mis en place dans le cadre d’une consultation spécialisée de comportement.
L’idéal serait de visiter l’élevage ou le lieu de naissance du chiot avant son adoption, sans prévenir, pour se rendre compte du milieu de vie réelle du chiot. Après l’adoption, il faut sortir le chiot le plus possible (même si toutes les vaccinations ne sont pas faites) et favoriser un lien d’attachement apaisant et une communication correcte au sein de la famille.
La fiche véto sur l’Education du chiot énonce les bonnes pratiques à mettre en place dès l’arrivée du chiot à la maison pour éviter l’apparition de ces maladies du comportement.

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